L'auto-entrepreneur relève du régime de la micro-entreprise, le statut le plus simple pour démarrer une activité indépendante en France. Son grand principe : les cotisations et l'impôt sont calculés en pourcentage direct du chiffre d'affaires, sans comptabilité complexe ni capital de départ. Ce guide détaille le calcul du revenu net, les taux 2026 et la fiscalité applicable.
La grande particularité du régime micro-social est sa simplicité de calcul : les cotisations sociales sont obtenues en multipliant le chiffre d'affaires HT encaissé par un taux fixe selon la nature de l'activité. Il n'y a pas de notion de bénéfice ni de charges déductibles. Si le chiffre d'affaires est nul, les cotisations sont nulles.
En 2026, les taux applicables sont les suivants :
| Nature de l'activité | Taux de cotisations 2026 | Plafond CA 2026 |
| Achat/revente de marchandises (BIC) | 12,30 % | 203 100 € |
| Prestations de services commerciales et artisanales (BIC) | 21,20 % | 83 600 € |
| Autres prestations de services (BNC) | 25,6 % | 83 600 € |
| Professions libérales réglementées relevant de la Cipav (BIC ou BNC) | 23,2 % | 83 600 € |
| Location de meublés de tourisme classés | 6,00 % | 203 100 € |
Via le régime micro-social, l'auto-entrepreneur est affilié à la Sécurité sociale des indépendants (SSI, rattachée au régime général depuis 2020). Les cotisations couvrent l'assurance maladie-maternité, les indemnités journalières (sous conditions de revenus), la retraite de base et complémentaire, les allocations familiales, la prévoyance invalidité-décès et la contribution à la formation professionnelle. La couverture retraite reste cependant limitée : les droits acquis dépendent du CA déclaré, et un CA trop faible peut ne valider aucun trimestre.
Sur option, l'auto-entrepreneur peut payer l'impôt sur le revenu en même temps que ses cotisations, selon un pourcentage fixe de son CA HT. C'est le versement libératoire. Les taux en 2026 sont de 1 % pour le BIC vente, 1,7 % pour le BIC services, et 2,2 % pour le BNC et les professions libérales. Cette option est avantageuse pour les foyers avec un taux marginal d'imposition élevé. Les deux régimes sont comparés en détail dans notre page sur l'impôt sur le revenu en auto-entrepreneur.
Sans versement libératoire, le revenu imposable est calculé en appliquant un abattement forfaitaire sur le CA : 71 % pour le BIC vente, 50 % pour le BIC services, 34 % pour le BNC. Le montant obtenu s'ajoute aux autres revenus du foyer fiscal et est imposé selon le barème progressif de l'IR. Ce régime est souvent plus favorable pour les foyers peu ou pas imposés, notamment en début d'activité. Le prélèvement à la source s'applique automatiquement via un taux personnalisé ou neutre.
Les seuils de CA du régime micro ont été revalorisés en 2026. Pour les activités de vente de marchandises, le plafond passe à 203 100 €. Pour les prestations de services (BIC et BNC) et les professions libérales, il s'établit à 83 600 €. Le dépassement de ces seuils deux années consécutives entraîne la sortie automatique du régime micro et le basculement vers le régime réel. Une situation à anticiper pour adapter sa structure juridique.
Par défaut, l'auto-entrepreneur bénéficie de la franchise en base de TVA : il ne facture pas de TVA à ses clients et ne la récupère pas sur ses achats. Les factures doivent mentionner "TVA non applicable, art. 293 B du CGI". Les seuils de la franchise en base sont distincts des plafonds du régime micro :
| Activité | Seuil de franchise | Seuil majoré |
| Prestation de service | 37 500 € | 41 250 € |
| Activité commerciale et d'hébergement | 85 000 € | 93 500 € |
| Avocats, auteurs d'oeuvres et artistes interprètes | 50 000 € | 55 000 € |
Le mécanisme fonctionne en trois paliers : en dessous du seuil de franchise, pas de TVA à facturer ; entre le seuil de franchise et le seuil majoré, la TVA s'applique l'année suivante ; au-delà du seuil majoré, la TVA s'applique dès la date de dépassement. À titre de comparaison, les anciens plafonds du régime micro (avant 2026) étaient de 188 700 € pour la vente et 77 700 € pour les services : les nouveaux plafonds micro (203 100 € et 83 600 €) ont donc été relevés, mais restent nettement au-dessus des seuils de franchise TVA pour les activités de services.
Le statut d'auto-entrepreneur cumule plusieurs atouts majeurs : création gratuite en ligne, pas de capital requis, comptabilité allégée (tenue d'un livre de recettes et d'un registre d'achats), pas de cotisations si pas de CA, et possibilité d'exercer en complément d'un emploi salarié ou d'une retraite. Les formalités d'inscription et démarches pratiques pour se lancer sont détaillées dans un guide dédié.
Le régime micro ne permet pas de déduire ses charges réelles ni d'amortir du matériel. Pour une activité avec des dépenses importantes (achat de stock, location de locaux, équipements coûteux), le régime réel devient souvent plus avantageux fiscalement. Par ailleurs, la couverture sociale reste partielle : pas d'assurance chômage, retraite limitée si le CA est faible, et prévoyance à compléter par des contrats individuels. La gestion financière en auto-entreprise fait l'objet d'un guide complet pour piloter efficacement sa trésorerie.
Le passage à un statut plus structuré (EURL, SASU) s'impose dès que les plafonds de CA sont régulièrement approchés, que les charges réelles sont importantes, que vous souhaitez vous associer ou embaucher, ou que vous avez besoin d'une meilleure protection sociale. L'impact sur le revenu net selon les différents statuts est mis en perspective dans notre comparaison des statuts d'entreprise.
Le revenu net s'obtient en déduisant du CA HT les cotisations sociales (selon le taux de votre activité) et l'impôt sur le revenu (versement libératoire ou barème progressif après abattement forfaitaire).
Si vous dépassez les plafonds deux années civiles consécutives, vous sortez automatiquement du régime micro l'année suivante et basculez vers le régime réel. Vous devrez alors tenir une comptabilité complète et cotiser différemment. Le dépassement une seule année n'entraîne pas de sortie immédiate, mais reste un signal d'alerte pour anticiper l'évolution de votre structure.
Non. Le régime micro ne permet pas de déduire les charges réelles. L'administration applique un abattement forfaitaire (71 %, 50 % ou 34 % selon l'activité) censé représenter les charges. Si vos dépenses réelles sont supérieures à cet abattement, le régime réel sera plus avantageux sur le plan fiscal.
Oui, le cumul est possible sous réserve de respecter la clause d'exclusivité éventuelle de votre contrat de travail et de ne pas exercer une activité concurrente à celle de votre employeur. Les revenus des deux activités s'ajoutent pour le calcul de l'IR. Les cotisations auto-entrepreneur restent calculées uniquement sur le CA de la micro-entreprise, indépendamment du salaire.
Mis à jour : mai 2026.
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