Devenir freelance offre une liberté et une flexibilité très appréciables. Mais cette autonomie vient avec son lot de responsabilités, notamment celle de préparer vous-même votre retraite. Contrairement aux salariés, les travailleurs non-salariés (TNS) n’ont pas de cadre mis en place par un employeur pour les y aider. Cet article vous guide donc étape par étape, avec des conseils pratiques et des exemples clairs, pour vous aider à construire une stratégie de retraite solide et sereine, bien adaptée à votre activité.
Pour préparer sa retraite en tant qu'indépendant, il faut d'abord bien comprendre comment fonctionne le régime obligatoire. En France, le système est basé sur la répartition : les cotisations que vous versez aujourd'hui servent à payer les pensions des retraités actuels.
En échange, vos cotisations vous donnent des droits pour votre future pension, sous forme de trimestres et de points. La grande différence avec le régime des salariés vient de la structure de la protection sociale.
En effet, un salarié partage ses cotisations avec son employeur, ce qui n'est pas votre cas. En tant qu'indépendant, vous payez la totalité des charges sociales. C'est un poids plus lourd, mais c'est aussi un levier que vous pouvez utiliser pour optimiser vos droits. Chaque année, en fonction de vos revenus, vous validez des trimestres et accumulez des points pour votre retraite complémentaire.
Ces deux éléments vont directement influencer le montant de votre future pension. Bien préparer votre retraite commence donc par bien saisir ce mécanisme.
Votre caisse de retraite dépend de votre statut et de votre activité. La Sécurité Sociale des Indépendants (SSI), qui a remplacé le RSI, s'occupe de la retraite des artisans, des commerçants et de certaines professions libérales. Depuis 2020, elle est intégrée au régime général et gérée par l'Assurance Maladie et l'Urssaf.
La CIPAV, de son côté, couvre d'autres professions libérales réglementées comme les architectes, les géomètres-experts ou les ostéopathes.
Les micro-entrepreneurs avec une activité libérale peuvent aussi y être rattachés. Pour savoir de quelle caisse vous dépendez, vous pouvez regarder votre code APE, attribué à la création de votre activité. Ce code définit votre branche professionnelle et donc votre affiliation, et plus largement, il conditionne aussi le montant de vos cotisations retraite, qui varie selon votre statut juridique. En cas de doute, les sites de l'Urssaf ou de la CIPAV vous permettent de vérifier facilement.
La première chose à faire est de consulter votre relevé de carrière. Il est accessible gratuitement sur le site info-retraite.fr. Ce document résume tous les droits que vous avez accumulés, y compris durant vos éventuelles périodes de salariat. Ce relevé détaille les trimestres validés chaque année et les points acquis pour votre retraite complémentaire.
Bon à savoir : pour valider un trimestre, il faut atteindre un revenu annuel minimum, qui correspond à 150 fois le SMIC horaire brut.
Les années où vos revenus sont faibles peuvent donc vous faire valider moins de trimestres, ce qui peut retarder votre départ à la retraite à taux plein. Les simulateurs du site info-retraite.fr vous donnent aussi une estimation de votre future pension. Ils se basent sur votre carrière et vous proposent plusieurs scénarios. Même si ce ne sont que des estimations, elles sont une bonne base pour anticiper l'avenir et adjuster votre stratégie d'épargne.
Le Plan d'Épargne Retraite (PER) individuel est souvent la solution la plus adaptée pour préparer sa retraite en tant qu'indépendant. Le principe est simple : vous versez de l'argent quand vous le souhaitez tout au long de votre carrière, et ce capital devient disponible au moment de votre départ à la retraite.
Vous pourrez alors choisir de récupérer votre argent en une ou plusieurs fois (sortie en capital), ou de le transformer en revenu mensuel à vie (rente viagère). Le PER offre un gros avantage fiscal : les sommes que vous versez sont déductibles de votre revenu imposable, dans la limite d'un plafond annuel. Pour un indépendant, ce plafond est le plus élevé des deux montants suivants : 10 % de vos revenus professionnels, ou 10 % du plafond de la Sécurité Sociale.
Par exemple, si vous versez 5 000 € sur votre PER et que votre taux d'imposition est de 30 %, vous économisez 1 500 € d'impôt. Si votre taux est de 41 %, l'économie atteint 2 050 €. Plus votre taux d'imposition est élevé, plus les avantages fiscaux du PER sont intéressants.
Pour la gestion de votre épargne, deux options s'offrent à vous :
Avant le PER, le contrat Madelin était la solution de référence pour la retraite des indépendants. Il permettait aussi de déduire les versements de ses revenus. Depuis la loi Pacte de 2019, on ne peut plus ouvrir de contrat Madelin, mais ceux qui existent déjà continuent de fonctionner.
Il y a des différences importantes entre le PER et le contrat Madelin, notamment en matière de souplesse.
| Caractéristique | Plan d'Épargne Retraite (PER) | Contrat Madelin |
| Sortie de l'épargne | En capital, en rente, ou un mix des deux | Obligatoirement en rente viagère |
| Flexibilité des versements | Versements libres ou programmés | Versements réguliers obligatoires |
| Cas de déblocage anticipé | Plus nombreux (ex : achat de la résidence principale) | Plus limités |
Avant d'ouvrir un nouveau contrat, il est donc judicieux de faire le point sur ce que vous avez déjà. Vous possédez peut-être un contrat Madelin ou d'autres produits d'épargne utiles pour votre retraite. Cela vous évitera d'avoir des produits en double et vous aidera à placer votre argent là où il sera le plus efficace.
L'assurance-vie est souvent appelée le couteau suisse de l'épargne. Pour la retraite, elle présente plusieurs avantages :
Passé ce délai, les gains profitent d'un abattement annuel avant d'être imposés. Dans un contrat d'assurance-vie, il y a deux types de supports. Les fonds en euros garantissent votre capital et offrent un rendement modeste mais sûr. Les unités de compte, investies sur les marchés financiers, peuvent rapporter plus sur le long terme mais présentent un risque de perte.
Une bonne stratégie consiste souvent à combiner les deux, selon votre tolérance au risque. Vous pouvez laisser votre capital fructifier jusqu'à la retraite pour vous créer un revenu complémentaire, ou le convertir en rente à vie. Dans tous les cas, l'assurance-vie est un excellent complément pour un indépendant.
En parallèle, d'autres solutions existent. Le Plan d'Épargne en Actions (PEA) est une solution très intéressante fiscalement pour investir dans des actions européennes. Après 5 ans, les gains et les dividendes sont exonérés d'impôt sur le revenu (seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus).
Avec un plafond de 150 000 €, le PEA est une bonne option pour la retraite, mais il est soumis aux variations des marchés. L'investissement immobilier est une stratégie populaire pour se construire un patrimoine, car il génère des revenus locatifs et représente un bien concret. Il demande cependant du temps de gestion et présente des contraintes, notamment en termes de liquidité.
Les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) sont une bonne alternative. Elles permettent d'investir dans l'immobilier sans s'occuper de la gestion. Les loyers perçus sont redistribués aux investisseurs. L'investissement de départ est accessible, ce qui permet de diversifier son patrimoine même avec un petit budget.
| Solution de diversification | Avantage principal | Inconvénient majeur |
| Plan d'Épargne en Actions (PEA) | Fiscalité très avantageuse après 5 ans | Risque de perte en capital lié aux marchés actions |
| Immobilier locatif (en direct) | Revenus réguliers et patrimoine tangible | Investissement initial élevé, gestion chronophage |
| SCPI (pierre-papier) | Accès à l'immobilier avec un faible ticket d'entrée, gestion déléguée | Liquidité limitée, frais à l'entrée |
Calculer vos besoins futurs est la première étape essentielle. Avant de choisir vos placements, déterminez le revenu mensuel net dont vous aimeriez disposer à la retraite, en pensant à votre futur mode de vie et à vos charges. C’est à ce moment précis que votre perspective retraite devient concrète : vous ne raisonnez plus en théorie, mais en objectif de vie réel.
Un bon objectif est de viser 70 à 80 % de votre dernier revenu d'activité. Ce chiffre varie bien sûr selon votre parcours, votre statut et vos années de cotisation autant de facteurs propres aux travailleurs non-salariés qui méritent une attention particulière. Il faut ensuite estimer le capital total nécessaire pour atteindre ce revenu, sans oublier de prendre en compte l'inflation. Avec une inflation à 2 % par an, le capital nécessaire peut vite devenir important.
La règle des 4 % est un bon repère : elle suggère qu'on peut retirer 4 % de son capital chaque année sans l'épuiser sur 30 ans.
Par exemple, pour vous verser un complément de 24 000 € par an, il vous faudrait un capital de 600 000 €. Le chiffre peut paraître élevé, mais il est possible d'y arriver avec une épargne régulière et bien placée tout au long de votre carrière.
Quand faut-il commencer à épargner pour sa retraite ? La réponse est simple : le plus tôt possible. Grâce aux intérêts composés, même de petites sommes versées régulièrement peuvent devenir un capital important. Si un indépendant met 200 € de côté chaque mois à partir de 30 ans avec un rendement de 5 %, il aura environ 166 000 € à 65 ans.
S'il commence à 40 ans, il n'aura plus qu'environ 88 000 €. Pour être efficace, notre conseil : automatisez vos versements. Fixez une somme mensuelle réaliste, basée sur vos revenus moyens. Programmez un virement automatique vers votre PER ou votre assurance-vie juste après avoir été payé. Avec cette méthode, vous épargnez sans même y penser.
Voici les cinq étapes clés pour organiser la préparation de votre retraite :
La première étape est de consulter votre relevé de carrière sur le site info-retraite.fr pour estimer vos droits acquis. Cela vous donnera une base claire pour évaluer le capital complémentaire que vous devrez constituer.
Le Plan d'Épargne Retraite (PER) est souvent le plus recommandé pour son avantage fiscal, car les versements sont déductibles de vos revenus. L'assurance-vie est un excellent complément pour sa souplesse et sa fiscalité avantageuse après 8 ans.
Il n'y a pas de montant fixe, mais il est conseillé de viser un revenu final équivalent à 70-80 % de vos derniers revenus. L'important est de commencer le plus tôt possible et d'automatiser des versements réguliers, même modestes.
Chaque année, vos cotisations sociales vous permettent de valider des trimestres pour la retraite de base et d'accumuler des points pour la retraite complémentaire. Le montant de votre pension dépendra du nombre total de trimestres validés et de points acquis durant votre carrière.
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