L'entreprise individuelle (EI) et l'EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) sont les deux formes juridiques principales pour exercer une activité indépendante en solo. Leur point commun : le dirigeant relève du régime des travailleurs non salariés (TNS), ce qui détermine directement son revenu net disponible. Le choix du statut a un impact direct sur les cotisations, la fiscalité et la couverture sociale, d'où l'importance de comparer les statuts juridiques avant de se lancer.
Depuis la loi du 14 février 2022, l'EI bénéficie d'une protection automatique du patrimoine personnel : les créanciers professionnels ne peuvent pas saisir les biens personnels du dirigeant. Cette réforme a entraîné la suppression du statut EIRL : il n'est plus possible de créer une EIRL depuis le 15 février 2022. Les EIRL existantes ont été converties automatiquement en EI. L'EI est soumise par défaut à l'impôt sur le revenu (IR) en BIC ou BNC selon l'activité. Elle ne dispose pas de personnalité morale distincte du dirigeant.
Depuis 2022, l'EI peut également opter pour l'IS via une assimilation fiscale à une EURL, sans changer de statut juridique. Cette option est irrévocable sauf renonciation possible jusqu'au 5e exercice suivant. Elle doit être exercée avant la fin du 3e mois du premier exercice concerné. Le choix entre EI et EURL dépend donc principalement du besoin de personnalité morale et de crédibilité juridique auprès des partenaires. La création d'une EI ou d'une EURL suit 10 étapes administratives clés depuis l'immatriculation jusqu'à l'ouverture du compte bancaire professionnel.
L'EURL est une société avec personnalité morale distincte du dirigeant. Elle dispose de statuts, d'un capital social libre (sans minimum légal) et d'un compte bancaire dédié. Le gérant associé unique cotise au régime TNS, sur sa rémunération si l'EURL est à l'IS, ou sur le bénéfice social si elle est à l'IR. Si d'autres associés rejoignent l'entreprise, l'EURL devient automatiquement une SARL. Les formalités d'immatriculation se font intégralement en ligne via le guichet unique des formalités des entreprises.
| Critère | EI | EURL |
| Personnalité morale | Non | Oui |
| Protection patrimoine | Automatique depuis 2022 | Limitée aux apports |
| Régime fiscal par défaut | IR (BIC ou BNC) | IR (option IS possible) |
| Option IS | Oui (assimilation fiscale à une EURL, irrévocable sauf jusqu'au 5e exercice) | Oui (irrévocable sauf jusqu'au 5e exercice) |
| Régime social | TNS | TNS |
| Formalités de création | Simples | Plus lourdes (statuts, immatriculation) |
Depuis 2026, les cotisations sociales des travailleurs non salariés sont calculées sur une assiette unique : le revenu brut abattu forfaitairement de 26 %. Cet abattement remplace l'ancienne déduction des cotisations sociales de leur propre base de calcul. La première régularisation appliquant cette nouvelle règle a eu lieu en avril 2026 sur les revenus 2025.
Cette réforme simplifie le calcul sans augmenter le montant global des prélèvements : la part de CSG-CRDS diminue, compensée par une hausse de la cotisation retraite, ce qui améliore les droits individuels à la retraite.
Le taux global de cotisations TNS représente environ 40 à 45 % du revenu net, selon le niveau de rémunération. Les cotisations couvrent : assurance maladie-maternité, retraite de base (17,75 % sous le PASS), retraite complémentaire (~7 %), invalidité-décès, allocations familiales, CSG-CRDS (9,70 %) et formation professionnelle, selon les barèmes URSSAF 2026. Le régime TNS n'ouvre pas droit à l'assurance chômage.
La première année d'activité, les cotisations sont provisionnées sur une base forfaitaire d'environ 19 % du PASS, soit environ 9 131 € en 2026. Une régularisation intervient l'année suivante une fois le revenu réel connu. Il est conseillé de provisionner la différence dès le départ pour éviter un appel de régularisation élevé.
Même sans rémunération, des cotisations minimales de 1 224 € par an sont dues en 2026 pour maintenir les droits à l'assurance maladie et à la retraite de base. Ne pas se rémunérer du tout signifie aussi ne pas valider de trimestres retraite.
Par défaut, l'EURL et l'EI sont soumises à l'impôt sur le revenu. Le bénéfice est intégré directement dans la déclaration personnelle du dirigeant en BIC ou BNC. Les cotisations TNS sont calculées sur ce bénéfice, même si aucune rémunération n'est prélevée. La rémunération du dirigeant n'est pas déductible du résultat imposable.
L'EURL et l'EI peuvent toutes deux opter pour l'IS. Pour l'EI, cette option passe par une assimilation fiscale à une EURL, sans changement de statut juridique. Dans les deux cas, la rémunération du dirigeant devient déductible du résultat de la société. Les cotisations TNS sont calculées uniquement sur cette rémunération, et non sur l'ensemble du bénéfice. Le bénéfice restant dans la structure est taxé à 15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 % au-delà.
Les dividendes distribués sont soumis à la flat tax de 31,4 % depuis janvier 2026 (12,8 % IR + 18,6 % prélèvements sociaux). Attention : les dividendes qui dépassent 10 % du capital social (ou du patrimoine affecté pour l'EI) sont également soumis aux cotisations TNS, ce qui réduit sensiblement l'avantage par rapport au régime du dirigeant assimilé salarié en SASU ou SARL, où les dividendes échappent totalement aux cotisations sociales.
| Critère | EI ou EURL à l'IR | EI ou EURL à l'IS |
| Base des cotisations TNS | Bénéfice de l'entreprise | Rémunération versée au gérant |
| Déductibilité de la rémunération | Non déductible | Déductible du résultat |
| Taux IS sur bénéfices | Non applicable | 15 % jusqu'à 42 500 €, 25 % au-delà |
| Dividendes | Non applicable | Flat tax 31,4 % (+ cotisations TNS si dépassement 10 % capital) |
| Réversibilité | Possible vers IS (EURL uniquement) | Irrévocable |
En régime IS, les charges professionnelles réelles réduisent le bénéfice imposable de la société : loyer d'un local, matériel, frais de déplacement, abonnements professionnels, honoraires comptables. En régime IR, ces mêmes charges réduisent le bénéfice déclaré personnellement. Les écarts de revenu net entre statuts peuvent être significatifs selon le niveau de CA et le régime choisi : le simulateur de comparaison des statuts permet de les chiffrer en quelques secondes.
Le gérant TNS peut souscrire des contrats Madelin (prévoyance, retraite complémentaire) ou alimenter un Plan d'Épargne Retraite (PER). Les cotisations versées sont déductibles du revenu imposable dans la limite des plafonds légaux, ce qui réduit l'assiette IR ou la base de cotisations TNS. Pour ceux qui hésitent entre le salariat et l'indépendance, les différences de protection sociale entre salarié et freelance sont souvent déterminantes. Le portage salarial est une troisième voie qui cumule cotisations au régime général et liberté d'organisation, sans les contraintes de gestion d'une société.
Le revenu net d'un indépendant ne s'obtient pas en soustrayant simplement les charges du chiffre d'affaires. Le calcul suit plusieurs étapes : CA encaissé, déduction des charges professionnelles réelles, obtention du bénéfice, application de l'abattement de 26 % sur l'assiette TNS, déduction des cotisations sociales, puis application de l'impôt sur le revenu selon le barème progressif du foyer. En régime IS, la rémunération versée au gérant est déduite du résultat avant IS : le revenu net du gérant correspond à cette rémunération diminuée des cotisations TNS.
Ces estimations sont indicatives, avant impôt sur le revenu et hors charges déductibles spécifiques.
| Bénéfice ou rémunération annuelle | Cotisations TNS estimées | Revenu net indicatif avant IR |
| 20 000 € | ~7 400 € | ~12 600 € |
| 40 000 € | ~15 600 € | ~24 400 € |
| 60 000 € | ~22 000 € | ~38 000 € |
| 80 000 € | ~28 000 € | ~52 000 € |
Plusieurs éléments influencent directement le revenu net final : le niveau de charges déductibles, l'option fiscale choisie (IR ou IS), le montant du capital social en EURL (qui détermine le seuil de soumission des dividendes aux cotisations TNS) et la situation fiscale du foyer pour le calcul de l'IR. Le simulateur ci-dessus permet de modéliser ces variables selon sa situation personnelle.
Le gérant TNS (EI, EURL) cotise au régime des indépendants avec un taux global d'environ 40 à 45 % du net. L'assimilé salarié (SASU, SARL minoritaire) cotise au régime général avec des charges plus élevées (45 à 55 % du brut) mais une couverture sociale plus complète. Ni l'un ni l'autre n'ont droit à l'assurance chômage via leur statut de dirigeant.
L'option IS devient pertinente lorsque le bénéfice dépasse la rémunération souhaitée par le gérant. Elle permet de laisser des bénéfices dans la société taxés à 15 % et de piloter sa rémunération pour limiter les cotisations TNS. Attention : cette option est irrévocable et les dividendes restent soumis aux cotisations TNS au-delà de 10 % du capital social.
L'EIRL a été supprimée le 15 février 2022 par la loi en faveur de l'activité professionnelle indépendante. Depuis cette date, l'EI protège automatiquement le patrimoine personnel, ce qui était le principal avantage de l'EIRL. Le choix de l'EURL se justifie aujourd'hui principalement pour accéder à l'option IS, renforcer la crédibilité juridique vis-à-vis des partenaires et des banques, ou anticiper l'entrée future d'associés.
Des cotisations minimales de 1 224 € par an restent dues en 2026 selon les barèmes URSSAF. Sans rémunération, aucun trimestre de retraite n'est validé et les indemnités journalières en cas d'arrêt maladie sont très faibles. Il est conseillé de se verser au minimum 1 500 à 2 000 € brut par mois pour maintenir une couverture sociale réelle.
Sources : URSSAF 2026, service-public.fr. Mis à jour : mai 2026.
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