Un simulateur de comparaison des statuts juridiques permet de visualiser en un coup d'oeil les écarts de revenu net, de protection sociale et de droits à la retraite entre les principaux statuts accessibles aux indépendants en France. Micro-entreprise, entreprise individuelle, EURL, SASU, SARL ou portage salarial : chaque statut produit un résultat financier très différent à chiffre d'affaires identique.
À chiffre d'affaires égal, deux indépendants peuvent percevoir des revenus nets très différents selon leur statut. Un auto-entrepreneur en prestations de services BNC cotise à 25,6 % de son CA en 2026, sans déduire ses charges réelles. Un TNS en EURL déduit ses frais professionnels avant calcul des cotisations, qui représentent environ 40 à 45 % de son revenu net. Un dirigeant en SASU supporte quant à lui 75 à 80 % de charges sur son salaire, mais bénéficie d'une meilleure couverture sociale.
La comparaison ne se limite pas au revenu mensuel disponible. Les droits à la retraite, les indemnités journalières en cas de maladie et la possibilité (ou non) de toucher des allocations chômage varient fortement d'un régime à l'autre. C'est pourquoi utiliser un simulateur de comparaison des statuts avant de choisir sa structure est une étape essentielle.
Le régime micro-social est le plus simple à gérer : les cotisations sont calculées directement sur le chiffre d'affaires encaissé, sans déduction de charges réelles. En 2026, le taux applicable aux prestations de services BNC est de 25,6 %, et de 21,2 % pour les prestations BIC. La couverture sociale est réelle mais moins favorable qu'en régime général : la retraite est proportionnelle au CA déclaré et il n'y a pas d'accès à l'assurance chômage.
Le régime TNS s'applique aux gérants majoritaires de SARL/EURL et aux entrepreneurs individuels (EI) soumis au régime réel. Les cotisations sont calculées sur le revenu professionnel net, après déduction des charges. Le taux effectif tourne autour de 40 à 45 % du revenu net versé. Depuis 2026, l'assiette de cotisations est unifiée : le revenu brut est abattu de 26 % avant calcul.
La protection sociale du TNS est inférieure à celle d'un assimilé salarié, notamment sur les indemnités journalières (délai de carence de 3 jours, taux de remplacement plus faible) et sur la retraite complémentaire. En contrepartie, les charges sont significativement plus basses, ce qui peut se traduire par un revenu net disponible supérieur à niveau de rémunération brute identique.
Le dirigeant d'une SAS ou SASU est rattaché au régime général de la Sécurité sociale, au même titre qu'un salarié. Les cotisations patronales et salariales combinées représentent environ 75 à 80 % du salaire net versé. C'est le régime le plus onéreux, mais aussi celui qui offre la meilleure couverture : indemnités journalières sans délai de carence (après convention collective), droits à la retraite de base et complémentaire alignés sur ceux des salariés, et possibilité de souscrire une assurance chômage via une convention Pôle Emploi.
Le simulateur dédié au dirigeant assimilé salarié permet de calculer précisément le revenu net en fonction du salaire brut choisi et des dividendes éventuels.
Le portage salarial occupe une place à part dans la comparaison des statuts. Le consultant signe un contrat de travail avec une société de portage, qui facture ses missions à ses clients et lui reverse un salaire après déduction des charges sociales et de la commission de la société (généralement 5 à 10 % du CA HT). Le revenu net disponible est donc proche de celui d'un assimilé salarié, avec en plus l'accès à l'assurance chômage et aux congés payés.
C'est une option particulièrement adaptée pour tester une activité avant de créer une structure ou pour des consultants qui veulent conserver une protection salariale complète sans les contraintes de gestion d'une société.
| Critère | Micro-entreprise | TNS (EI/EURL) | Assimilé salarié (SASU/SAS) | Portage salarial |
| Taux de charges sociales | 12,3 % à 25,6 % du CA | ~40-45 % du revenu net | ~75-80 % du salaire net | ~50 % du CA HT (dont commission) |
| Déduction des charges réelles | Non | Oui | Oui | Non (géré par la société de portage) |
| Accès au chômage | Non | Non (sauf convention) | Possible (convention GSC/APPI) | Oui |
| Protection retraite | Faible | Moyenne | Forte | Forte |
| Complexité administrative | Très faible | Moyenne | Élevée | Nulle (déléguée) |
| Plafond de CA | 83 600 € / 203 100 € | Aucun | Aucun | Aucun |
| IS ou IR | IR (versement libératoire possible) | IR par défaut, option IS | IS par défaut | IR (salaire) |
Le simulateur compare quatre indicateurs clés pour un même niveau de chiffre d'affaires ou de rémunération brute : le revenu net disponible après cotisations (avant IR), le montant estimé de la retraite de base à taux plein, le nombre de trimestres validés sur l'année et le montant des indemnités journalières en cas d'arrêt maladie.
Ces résultats doivent être lus en tenant compte de la situation personnelle. Un indépendant avec peu de charges professionnelles aura intérêt à arbitrer différemment qu'un consultant avec des frais importants (sous-traitants, déplacements, matériel). De même, l'optimisation fiscale via les dividendes, accessible en SASU ou SARL, peut modifier significativement le revenu net effectif, notamment via la flat tax à 31,4 % en 2026.
La micro-entreprise reste le point d'entrée naturel pour tester une activité avec un minimum de formalités. Les démarches pour devenir auto-entrepreneur se font entièrement en ligne et les cotisations ne sont dues que si du CA est encaissé. C'est aussi le statut conseillé si vous souhaitez cumuler une activité salariée avec un projet en parallèle.
Au-delà de 30 000 à 40 000 € de CA en services, le régime réel TNS (EI ou EURL) devient généralement plus avantageux que la micro-entreprise, car il permet de déduire les charges réelles. Le simulateur indépendant permet de chiffrer précisément ce point de bascule.
La SASU ou la SAS est le choix privilégié des freelances et consultants qui veulent une protection sociale proche du salariat, une crédibilité accrue et la possibilité de faire entrer des associés. C'est aussi le cadre adapté si vous souhaitez vous verser des dividendes optimisés fiscalement. Les 10 étapes pour lancer son activité détaillent le processus de création selon votre profil.
En 2026, seuls les dirigeants assimilés salariés (SAS, SASU) peuvent souscrire une assurance chômage facultative via des organismes comme la GSC ou l'APPI. Les TNS (EI, EURL) et les auto-entrepreneurs n'y ont pas accès via le droit commun. Les consultants en portage salarial bénéficient quant à eux de l'assurance chômage de droit.
Le seuil de rentabilité dépend du niveau de charges professionnelles. En règle générale, si les charges réelles dépassent 30 à 40 % du CA, l'EURL au régime réel devient avantageuse financièrement. Il faut aussi tenir compte des plafonds micro-entreprise (83 600 € en services), dont le dépassement rend le changement obligatoire.
Non. En SASU, les dividendes sont soumis à la flat tax de 31,4 % (prélèvement forfaitaire unique) sans cotisations sociales supplémentaires. C'est une différence majeure avec la SARL à gérance majoritaire, où les dividendes excédant 10 % du capital social sont soumis aux cotisations TNS en 2026.
Le simulateur calcule le revenu net après cotisations sociales, avant impôt sur le revenu. L'IR dépend de la situation fiscale du foyer (parts fiscales, autres revenus) et ne peut pas être intégré de façon universelle. Il est recommandé de compléter la simulation avec une estimation personnelle de l'IR pour obtenir le revenu net réel disponible.
Sources : URSSAF 2026, service-public.fr. Mis à jour : mai 2026.
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